Réussir à déconnecter

Les français fragmentent de plus en plus leurs congés, dans ce contexte, le sujet de la déconnection n’est donc pas uniquement une problématique estivale.

L’angoisse de la désintoxication digitale

De la totale digitale detox au full connecté en passant par une version hybride de la déconnexion, j’ai déjà pu tester plusieurs méthodes.

Retour d’expérience:

Lors de ma dernière semaine de vacances j’ai décidé de me ressourcer et ainsi, de ne pas me préoccuper de ce qui pouvait se passer au boulot. Pas de mail, pas de téléphone laissant mon « out of the office » faire barrière. 

Au début cela semble assez facile car le plaisir d’être off l’emporte sur le reste.

Les jours passant, j’ai commencé à ressentir un sentiment pesant comme si je sentais physiquement mon téléphone bouillir.

Je passais donc de phases très zen à de vraies attaques d’angoisses. De nombreuses questions venant se bousculer dans ma tête. J’ai tout de même réussi à me tenir à distance des emails et autres sms. Finalement, la semaine s’est terminée par l’idée qu’ après plusieurs jours sans lire mes mails tout cela pouvait tout à fait attendre mon retour.

Force est de constater qu’aucune catastrophe n’avait eu lieu en mon absence tant et si bien que certaines choses s’étaient même résolues par elles-mêmes. D’ailleurs, pourquoi les autres seraient ils perdus sans moi? Ne sommes nous pas une super équipe ? Pour tout dire, il faut apprendre à faire confiance à ses collègues ou à son équipe. Surtout, il me faut souligner que j’ai la chance d’avoir un management qui respecte scrupuleusement les périodes de repos : pas d’appel le soir, ni le weekend et encore moins pendant les vacances. J’avoue que cela aide énormément à déconnecter, donc pourquoi ne pas en profiter ?

Photo by Alex Kotliarskyi on Unsplash

Toutes les techniques sont bonnes, à condition de choisir celle qui VOUS correspond ! 

Le seul prérequis indispensable à des congés déconnectés est l’anticipation. En effet, plus on s’organise en amont, plus on prépare son départ, plus on élimine les risques de devoir se « rebrancher ». 

Petite liste de conseils pour aider à déconnecter : 

Planifier ses congés en amont constitue un très bon point de départ. Cela pose les bonnes conditions de vacances réussies. Les parties prenantes sont informées en amont, les dossiers importants sont organisés en conséquence, et en bonus les billets d’avion sont moins chers ! 

Construire un véritable back-up clairement identifié et récurrent afin de ne pas laisser vos interlocuteurs habituels totalement démunis. 

Rédiger un message d’absence clair et qui mentionne la personne à qui on peut s’adresser pendant votre absence. 

Ne pas laisser trop de sujets ouverts avant le départ. Ils constituent une source potentielle d’inquiétude ou même d’appels intempestifs.

Ne pas bombarder les autres de mails juste avant son départ. Ceci engendrera inévitablement un flot de réponses qui feront bourdonner votre boite mail (effet boomerang).

Désactiver les notifications qui viendront perturber votre quiétude. 

Ne pas culpabiliser: éviter de se dire « je ne fais rien » mais dire « je me repose » = c’est bon pour ma santé 

Valoriser le temps passé avec sa famille ou ses amis : n’est-ce pas ça la vraie vie ? N’est-ce pas plus important qu’un powerpoint ?

Ne pas trimbaler en permanence son téléphone pro sur soi. Le laisser dans la chambre pour l’oublier un peu…

Faire de l’activité physique : on se concentre sur autre chose et on se rend indisponible mentalement et physiquement pour le travail. 

Mettre en place une charte mail dans l’entreprise et y préciser que traiter ses emails pendant les congés n’est pas recommandé par le management.

Déculpabiliser les collaborateurs: ajouter une mention dans votre signature « si vous recevez cet email pendant une période de congés n’y répondez qu’à votre retour.

Quid de la version hybride ?

Certains n’arriveront pas à se sevrer totalement. Dans ce cas, pourquoi ne pas planifier une plage limitée pendant laquelle vous traiterez rapidement les urgences. (rappel : attention à l’effet boomerang). 

Attention au phénomène de glissement, ne transformez pas vos vacances en télétravail!

Certes, lire ses emails pour savoir ce qui se passe peut aider à calmer les angoisses. En revanche, il faut éviter de commencer à répondre à tout ce que vous recevez. Supprimez les indésirables et ceux qui ne demandent qu’à être lus, laissez le reste pour le retour. En tout premier lieu, cette « pause » dans les vacances doit être profitable, elle ne doit pas générer un pic de stress.  J’ai à l’esprit un ami qui, après 2 semaines de vacances, a subitement décidé d’ouvrir son ordinateur et de se replonger dans les mails. Globalement, ses vacances se sont terminées à ce moment précis car il n’a jamais réussi à revenir en mode « vacances ». 

Photo by Victoria Heath on Unsplash

D’ailleurs, comme évoqué précédemment, l’essentiel et de trouver le système qui vous convient le mieux. L’objectif étant de profiter au maximum de vos vacances en limitant les éventuelles angoisses dues à une déconnexion totale. 

En ce sens, mon ultime conseil est de surtout veiller à avoir une vie personnelle riche (avec des activités variées) pour ne pas mettre une charge émotionnelle disproportionnée sur votre boulot.

Il est à noter que les activités sportives ou culturelles sont de très bon médicaments contre l’hyperconnectivité. Lire, sortir, bouger, dormir sont des moments qui vous éloignent tant physiquement que mentalement de vos appareils électroniques et de vos angoisses professionnelles.

En guise de conclusion, si l’angoisse d’un mail non lu vous prend, n’oubliez pas : « Tout cela vu de la lune… » 

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